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 [Traduction] Mythe de création moderne - Starhawk

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Iridesce
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Date d'inscription : 14/04/2010

MessageSujet: [Traduction] Mythe de création moderne - Starhawk   Mer 14 Avr - 18:45

Mythe de création moderne
in Earth Path, Starhawk
Traduction et adaptation par Athénaïs

AVANT LE COMMENCEMENT

Dans une spirale tourbillonnante de gaz, de chaleur et de lumière, un petit grain de poussière qui était la graine de Gaïa dansait et tournoyait. Palpitant et pulsant d'une passion électrique, elle attira à elle d'autres grains de poussières, d'autres graines, jusqu'à ce que, ensemble, elles forment une balle qui tournait et dansait dans les rayonnements de ce qui devait devenir le Soleil. Les danseuses balancèrent leurs bras, firent tournoyer leurs jupes, se cognèrent les unes aux autres, et fusionnèrent. Devenant de plus en plus grandes, tournoyant et dansant de plus en plus vites, elles furent attirées les unes vers les autres par l'attraction passionnée de la gravité ; parfois elles entrèrent en collision et rencontrèrent un trépas brûlant, et parfois elles s'accouplèrent, jusqu'à ce que finalement, les planètes se figent sur leurs orbites, encerclant un Soleil ardent.

Gaïa était chaude, sa surface en éruption faisait jaillir des rivières de feu, son visage était bombardé pas des missiles de roc qui la laissaient marquée de cratères, et semaient sur elle de la glace et les prototypes chimiques de la vie. Lentement, lentement, elle se refroidit. Sur sa surface, des paquets d'énergie congelés dans des formes se combinèrent et se recombinèrent. La glace fondit en mers primordiales qui polissaient des rivages rocailleux. Il y avait beaucoup d'éclairs. Des vagues roulaient jusqu'aux rivages, puis se retiraient ; la soupe d'énergies était portée à ébullition, puis refroidissait, fut séchée et immergée, encore et encore. Des bulles formèrent de fines peaux qui entourèrent des filaments cristallins d'énergie figée, organisés d'une façon radicalement nouvelle : d'une façon qui transportait des informations, qui communiquait des instructions pour qu'ils puissent se reproduire. La double hélice de l'ADN était le premier grand sursaut créatif, celui qui permit à tous les autres de se produire ensuite. La vie était née.

LE DON DES ANCETRES

La vie sur terre était encore relativement neuve. Au départ, des êtres simples, unicellulaires, remplirent les mers, et vécurent en changeant les motifs énergétiques autour d'eux, en décomposant de grandes molécules - des blocs complexes d'énergies et de formes mouvantes - en de plus petits blocs, utilisant l'énergie ainsi libérée pour bouger et danser. Ils remplirent les mers en abondance, échangeant constamment des fragments d'ADN, glissant de l'un à l'autre en chantonnant l'équivalent bactérien de "Hey, hey, baby... L'idée d'échanger mes gênes avec toi me rend dingue !" Ils formèrent ainsi un ensemble de vie, une piscine de gênes globale, un puits planétaire d'informations et d'expérimentations.

Mais après un certain temps, la vie atteignit un point critique. Elle commença à être à court de nourriture. Il n'y avait plus assez de molécules complexes à décomposer pour que toutes la vie puisse continuer, et la vie commença à être affamée et à mourir.
Pourtant, la vie a toujours été créative, inventive. Ces êtres simples, unicellulaires, expérimentaient déjà des formes différentes. Certains étaient longs et maigre, ils se tortillaient et nageaient. D'autres étaient ronds et gros. Certains s'étaient adaptés au froid et d'autres à la chaleur. Et, toujours, ils échangeaient des gênes, changeaient de forme, se transformaient. A ce moment-là, il n'existait encore aucun cerveau sur la planète, et pourtant la vie trouva quelque chose de si brillant, de si étonnant, que cela devait transformer la nature même de l'existence et l'atmosphère de la terre.

La vie conçut un mandala. Une belle molécule, comme une fleur modelée, avec une qualité magique. Car quand un photon de la lumière solaire frappait le coeur de ce modèle, il commençait à vibrer, à frissonner, et mettait en marche une réaction en chaîne qui récoltait l'énergie solaire pour transformer le dioxyide de carbone et l'eau en nourriture. La chlorophylle et le processus de la photosynthèse étaient la deuxième grande invention de la vie, et les êtres verts, les récolteurs de Soleil, venaient d'apparaître.
Les êtres verts remplirent les mers et les crevasses des rivages rocailleux, jetèrent des légers filaments de vie sur la roche et le sable, La vie prospéra comme jamais auparavant.

Mais il y avait un problème. Le processus miraculeux qui utilisait la lumière solaire pour produire de la nourriture générait un déchet, un gaz toxique qui brûlait et détruisait tout ce qu'il touchait. Et comme la vie grandissait, après des centaines de millions d'années, un milliard d'années, puis deux, l'air lui même fut saturé de ce gaz, si bien que la vie ne fut plus en mesure d'éviter le contact mortel avec lui.

Mais la vie continua d'expérimenter et d'inventer. Certaines de ces minuscules créatures creusèrent et s'enfoncèrent dans la boue pour éviter le gaz toxique. Certains s'agglutinèrent les unes aux autres pour se protéger.
Et certaines découvrirent un autre miracle : en inversant l'un des mouvements de la danse de la photosynthèse, un nouveau processus pouvait apparaître, qui pouvait prendre ce gaz toxique, que nous appelons l'oxygène, et l'utiliser pour brûler la nourriture et en faire de l'énergie.

Les respirateurs étaient ainsi nés, ceux qui festoient sur les corps des récolteurs de Soleil, brûlant leurs corps et l'utilisant comme fuel pour alimenter la vie. En consumant la nourriture, les respirateurs rendent du dioxyde de carbone, que les êtres verts ( avec l'aide du Soleil ) transforment à nouveau en nourriture. Et les êtres verts rendaient de l'oxygène, que les respirateurs utilisaients en brûlant la nourriture. Gaïa se mit à respirer, faisant aller et venir son souffle des êtres rouges aux êtres verts, et inversement, et continua à produire de l'oxygène, pour se transformer elle-même.
Et après des millions d'années, les respirateurs prirent le mandala de la chlorophylle, remplacèrent l'atome de son coeur par du fer, et formèrent l'hémoglobine qui nage dans les cellules de notre sang rouge.

Ainsi, le cycle est complet, et la terre inspire et expire, du rouge au vert, du vert au rouge.

Et cet air que nous respirons est un cadeau de nos lointains ancêtres. Avec chaque inspiration, nous accueillons en nous les résultats de leur grande créativité. Avec chaque expiration, nous les rendons.
Et l'équilibre est si parfaitement orchestré que l'oxygène demeure juste au bon niveau pour permettre la vie. Car s'il y en avait juste un très faible pourcentage de plus dans l'air, n'importe quelle étincelle allumerait un feu qui embraserait toute l'athmosphère. Et s'il y en avait juste un très faible pourcentage en moins, aucun feu ne pourrait brûler, et nous ne pourrions pas vivre.


COOPERATION ET COMPLEXITE

Les respirateurs ajoutèrent quelque chose de nouveau à la danse de la vie. les récolteurs de Soleil flottaient dans une mer utérine qui contenaient tous les éléments dont ils avaient besoin pour produire de la nourriture. L'énergie nécessaire descendait du Soleil en cascade. La vie était facile, ils pouvaient simplement être, et recevoir.
Mais les respirateurs avaient besoin de nourriture, des corps morts des récolteurs de Soleil, ou de leurs corps vivants. Ils devaient être plus mobiles, plus agressifs, aptes à poursuivre, à engloutir, à être plus pénétrants, afin de pouvoir ingérer et dissoudre leur proie.

Il arriva qu'un respirateur agressif pénètre une forme de vie qui ne se dissolut pas. Ou qu'il ingère quelque chose qui ne se laissa pas digérer. Et au lieu de se dévorer l'une l'autre, ces deux formes de vie se coalisèrent et se soutinrent mutuellement.
Un respirateur pouvait faire de la nourriture plus efficacement pour une bactérie nécrophage. Un récolteur de Soleil et un respirateur pouvaient faire équipe, pour faire le meilleur usage possible de toutes les sources d'énergie possibles.

Une créature longue, maigre et sinueuse pouvait plonger sa tête dans une autre cellule plus large, et fournir de la mobilité en échange de nourriture. Une centaine, un millier de minuscules créatures pouvaient s'assembler pour devenir une seule créature plus grande, mettant toute leur bibliothèque d'ADN cristalline dans un noyau central.
Et une nouvelle forme de vie apparut, toujours unicellulaire, mais un millier de fois plus grande qu'avant, et bien plus complexe. Les eukaryotes étaient nés, ces cellules à noyau qui sont les ancêtres de toutes les créatures plus grandes.
Cette nouvelle forme collective ouvrit un champ immense de possibilités pour la vie. Pendant deux milliards d'années, les simples bactéries avaient été l'unique modèle de la vie ; é présent, la vie commença à expérimenter et à changer.

L'une des premières expérimentations fut le sexe. Les bactéries inventèrent une forme simple de sece, échangeant des gênes comme on échange des commérages au travers d'une piscine de la taille du monde. Les variations créées par ce processus leur permirent de changer et d'évoluer. Lors de la reprodution, cependant, le processus est encore assez simple : chaque cellule se réplique et produit une copie identique d'elle-même.
Les eukaryotes avaient chacun un centre, un noyau qui contenait une bibliothèque d'informations génétiques, arrangée en paires de chromosomes d'ADN. Puis ils apprirent à diviser ces paires, à mélanger le jeu avant de faire la donne. Et chaque demi-ensemble de gênes pouvait se combiner avec le demi-ensemble de gênes d'un individu différent. La reproduction sexuée était née. Et devint très populaire.

Ces nouvelles cellules commencèrent à construire des coopérations, à former des colonies. Certaines apprirent à prendre des minéraux dans l'eau de mer et à bâtir des sphères élaborées de formes cristallines imbriquées. Certaines s'aventurèrent dans les motifs d'embranchements des racines, dans les formes plates des feuilles. Certaines bâtirent les premiers corps faits de plusieurs cellules, liés par des tubes de communication des nerfs.

Et, il y a 580 millions d'années, la vie explosa de variété. Elle créa des jambes et commença à explorer les fonds marins et les rivages. Elle conçut des coquilles de formes élaborées et ornées, tenta des ailerons, des queues, des nageoires, des carapaces, des antennes. Et cette vie bourgeonnante devint plus étrange, plus délicieuse, plus curieuse que tout ce qui l'avait précédée.

Jusqu'à ce que le désastre s'abatte. Un météore tomba, ou un volcan remplit l'air de fumée, couvrant la terre d’une couverture nuageuse qui bloqua d'abord le Soleil, puis réchauffa l'atmosphère. Quelque chose changea dans le climat terrestre, et 90% de la vie mourut.

Ce qui survécut n’était plus aussi divers, plus aussi inventif. Mais la vie essaya beaucoup de variations sur quelques modèles de base, et recommença à grandir et à évoluer. Les mers se remplirent à nouveau de vie et les terres furent colonisées. Des dinosaures arpentaient de grandes forêts de fougères, et des reptiles ailés criaient à travers les cieux.

Puis, après une longue période, un autre météore s’écrasa sur la terre, laissant un grand cratère de plusieurs centaines de kilomètres, et les dinosaures moururent. Leur peu nombreuse descendance, les lézards et les oiseaux, rôde encore aujourd’hui. Un mammifère petit, humble, d’apparence chétif, qui survécut au cataclysme, devait se perpétuer dans des souris et des cerfs, des tigres et des mammouths, des bisons, des chevaux, des singes, et nous.

Et nous sommes là, avec nos pouces opposables et nos gros cerveaux, inventifs, créatifs, agressifs, perspicaces d’une certaine façon, inconscients d’une autre, luttant toujours pour apprendre les leçons que nos ancêtres nous ont léguées :

Tout change. Tout est interdépendant. Nous survivons en coopérant, en partageant les ressources, en regroupant les informations. Le changement peut venir subitement, de façon cataclysmique, et quand il se produit, les petits sont plus adaptés à la survie que les grands. Lorsqu’elle est confrontée à de grandes crises, la vie est capable de grandes inventions. Nous ne sommes pas moins créatifs que les cristaux qui ont inventé l’ADN. Pas moins artistes que les bactéries qui ont façonné la chlorophylle.

C’est l’histoire que j’aime me remémorer quand le monde semble aveugle et quand je me demande comment nous allons pouvoir survivre. Ou quand je me sens comme si la Déesse et tous les pouvoirs de l’espoir nous avaient abandonnés. A ces moments-là, je me rappelle…
Que la vie, par essence, est un grand pouvoir de créativité et de transformation, un pouvoir qui l’emportera.
Et quand je doute, tout ce que j’ai besoin de faire est de respirer, et de recevoir le don des ancêtres.

(…)

Cette histoire nous apporte de l’espoir. Une énorme créativité est imbriquée dans nos cellules mêmes. Nous, avec nos cerveaux complexes, nous avons la capacité inhérente d’évoluer de façons qui peuvent nourrir et soutenir les motifs de la vie qui nous entourent.
Et si nous n’usons pas sagement de cette capacité, il y a toujours ces bactéries échangeuses de gênes pour siroter le cocktail de nos déchets et de nos restes et, dans un autre million d’années ou deux, revenir avec quelque chose de nouveau.
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